Chaque année, de grosses dépenses sont consenties pour les soins. Au niveau de l’Assurance-maladie, les déficits sont importants, sont sources d’inquiétude et suscitent, évidemment, des interrogations.

Il est bon de savoir que les recettes de l’Assurance maladie sont déterminées par la croissance économique et la masse salariale. Elles découlent principalement des cotisations sociales que versent les employeurs, des revenus non salariaux, de la contribution sociale généralisée (CSG) que verse les salariés, des revenus du patrimoine, des produits de placement ainsi que des revenus de remplacement, comme les pensions de retraite et les allocations chômage. Les experts des questions économiques sont formels sur le fait que la France alloue une part importante de sa richesse intérieure aux dépenses de santé.

Concernant la répartition de ces dépenses, une bonne partie est liée à la demande des soins qui a significativement augmenté ces dernières années. À ce niveau, on est passé de 4 % du PIB en 1960 à plus de 11 % en 2010. Cette hausse serait imputable à la demande nouvelle d’une population qui exploite à fond l’Assurance maladie. Mais à y voir plus clair, cet argument n’est pas solide, car le pourcentage de la population couverte par l’assurance maladie n’est passé que de 85 % à 95 % depuis 1990.

Après analyse, on peut dire que cette augmentation des dépenses liées à la demande des soins pourrait être la conséquence de la progression de la richesse par habitant, même s’il faut reconnaitre que l’impact de l’effet revenu n’est pas très important.

Il est possible aussi d’expliquer la hausse des dépenses de santé en France en évoquant le progrès médical. Les avancées scientifiques de ces dernières années sur le plan sanitaire ont certainement fait évoluer les dépenses. La certitude est que le progrès médical a modifié l’offre des soins. Étant une industrie de croissance, le secteur de la santé suit l’innovation technologique marquée, entre autres, par l’apparition des IRM et de la chirurgie endoscopique dans les années 2000. Il y a donc un changement des pratiques médicales, ce qui n’est pas sans effet dans la hausse des dépenses de santé.

Par ailleurs, cette augmentation peut être due au fait que les Français consomment plus de médicaments que leurs voisins, dont notamment des produits récents et particulièrement chers.