Le système de santé français est aussi animé par les producteurs de biens et services en santé guidés par des logiques économiques de marché. Plusieurs d’entre eux sont issus de l’industrie pharmaceutique.

Une autre catégorie concerne les institutions publiques qui se chargent d’organiser le système aussi bien au niveau national que régional et départemental. Elles peuvent conseiller pour la bonne organisation des soins ou avoir un regard de contrôle.

Le système de santé français fonctionne grâce également à différents financeurs qui n’ont pas les mêmes statuts. On peut citer en exemple les assurances maladies obligatoires, les assurances maladies complémentaires et les ménages.

Enfin, la dernière catégorie d’acteurs du système concerne les bénéficiaires, c’est-à-dire les personnes qui profitent des soins. Des associations sont créées pour mieux faire l’écho des attentes formulées par les patients.

Une politique de santé intéressante, mais comportant des insuffisances

Quoique dynamique, la politique de santé actuelle comporte quelques insuffisances. Avant de les relever, sachez que depuis la loi de 2002, le code de la santé publique fait état de la nécessité de définir une politique de santé sur le plan national. Le texte a même été modifié par la loi de 2004 en stipulant que la détermination des objectifs, des actions et des programmes de santé relèvent de la responsabilité de l’État. Et il est prévu une loi quinquennale à partir de laquelle sont clairement fixés les objectifs de la politique de santé publique. À ce propos, 5 plans stratégiques ont été définis pour la gestion de la question de santé par l’État, et ce, à partir d’un programme. Il s’agit de la lutte contre le cancer, la lutte visant à limiter l’impact de la violence, des comportements à risque et des conduites addictives sur la santé, la lutte contre l’impact des facteurs environnementaux sur la santé, l’amélioration de la qualité de vie des personnes souffrant de maladies chroniques et l’amélioration de la prise en charge des maladies rares.

Le texte définissant le code de la santé publique en France est globalement intéressant. En effet, il établit plusieurs champs d’intervention des acteurs du domaine. En outre, ce texte encourage à rationaliser l’organisation de la prévention et des soins pour les pathologies et risques sanitaires majeurs. En un mot, il permet de se faire une idée des lignes de force de l’action publique au niveau de la santé.

Toutefois, le texte ne tient pas véritablement compte de certains aspects importants, comme la réduction des inégalités sociales dans la dispensation des soins. Aussi, on note que la question de la sécurité sanitaire est restreinte à l’iatrogénie (troubles associés à un médicament ou à un traitement). Ce qui est plus grave encore est que la question relative aux menaces sanitaires de grande ampleur n’est pas prise en compte.

Autres insuffisances de la loi, c’est le manque d’articles abordant les problématiques liées à l’organisation du système de santé, la régulation de l’offre des soins et les conditions d’accès à la prévention.